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27 février 2015

La peste des peintres– Intervention humaine





          
                  On le voit à gauche, sous un dais accroché à deux arbres,
                        donnant les derniers sacrements à des mourants.
Si l’église catholique s’était  investie  dans la prévention de la peste par les invocations et des recours à la sainteté, certains de ses membres ont donné leur foi leur courage et tout leur temps pour combattre l’atrocité de la maladie. C’est le cas de Monseigneur Henri François-Xavier de Belsunce de Castelmoron évêque de Marseille dont le dévouement a suscité l’admiration de tous pendant la peste de 1720, car il resta au palais épiscopal pendant que d’autres s’enfuirent et surtout se donna à corps perdu pendant l’épidémie.

Le dévouement de Monseigneur de Belsunce pendant la peste de 1720 à Marseille  a été exemplaire. Il s’est manifesté dans deux domaines.
         a)  L’exercice de ses fonctions. Pour fléchir la colère de Dieu irrité par les crimes, les mauvaises mœurs  les sentiments erronés des marseillais et dans le but de lutter contre l’hérésie Janseniene il prescrit des prières, un jeun général et des pénitences, imposés à la population Marseillaise. Il avait par ailleurs fermé les églises, célébrant des messes sur les places ou au carrefour des rues, donnant lui-même la communion aux pestiférés.
Dévouement de Monseigneur de Belzunce durant la peste de Marseille en 1720
Auteur : Nicolas André (1754-1837)
         b)  Le pasteur apaisant les souffrances physiques. Il visite lui-même les pestiférés, distribuant au passage des aumônes, sortant tous les jours dans la rue, allant au devant des malades les plus pauvres, donnant de ses propres mains les soins les plus utiles, se mêlant aux morts et aux mourants sans grande précaution. Un dévouement doublé d’une grande générosité distribuant son argent sans limite tout en limitant ses propres besoins. Cela était rendu nécessaire car la ville manquait de vivres.


23 février 2015

La peste des peintres : Intervention divine (invocation de Saint Sébastien et Saint Roch)


La pieuse Irène 1645 (1)
Saint Sébastien converti à la foi et baptisé, quitta la garde impériale et fut condamné à mort par Dioclétien. En représailles de sa conversion il fut attaché à un arbre et criblé de flèches par les  archers Numides de l’Empereur. Laissé pour mort il fut sauvé par la pieuse Irène 1645 Georges de la Tour (1) qui le soigna et le guérit.    

Repris ensuite par les hommes de Dioclétien il fut fouetté à mort et son corps jeté dans l'égout de Rome Lodovico Carracci :St Sébastien jeté dans le cloaca maxima (2).


St Sébastien jeté dans l'égout de Rome (2)
Trois siècles plus tard lors de la peste de 680 son culte apparu comme protecteur de la peste. En effet ayant survécu aux flèches des hommes il était censé protéger ceux-ci des flèches de Dieu. Son culte persista jusqu’à la fin du XVIIIe. 
 
Le Martyre de St Sébastien (3)
Le peintre de Padoue Andrea Mantegna lors de son séjour à Mantoue résidait non loin de l’église dédiée à Saint Sébastien. Originaire de Padoue il avait vécue une période d’épidémie de peste ce qui lui permit de représenter Saint Sébastien, attaché à une colonne, le corps transpercé de flèches Andrea Mantegna, le martyre de Saint Sébastien - Musée du Louvre (3)
 
  
Le nom de Saint Roch (patron des pèlerins) est associé à la peste depuis la fin du XVe siècle. Sa vie et ses miracles ont un rapport direct avec la peste. Après des études médicales, il est orphelin et pris en charge par un évêque. Il vendit tous ses biens qu’il donna aux pauvres et partit en pèlerinage à Rome. Arrivé en Italie dans la ville de Agripendante il connu la peste qui y faisait des ravages et se mis à soigner les malades. Un peu plus tard il attrapa lui-même la maladie et se réfugia dans une forêt à côté de Plaisance pour ne pas contaminer les autres. Il dut sa survie à un chien qui lui apportait chaque jour le pain de son maître. Recueilli par le maître de son bienfaiteur canin, il reçut les soins de sa survie. Au XIVe siècle on faisait alors appel à Saint Roch qui avait soigné de la peste un évêque et avait lui-même échappé miraculeusement à la maladie. Soupçonné de trahison (on ne sait pour quelle raison) il fut mis au cachot où il mourut en 1327. Il devint alors un saint guérisseur très populaire :    "Ceux qui atteints de la peste et qui auront recouru à la puissante intercession du bienheureux Saint Roch, chéri de Dieu, en seront immédiatement guéris."

 Depuis le concile de Ferrare (1439), son culte se répandit dans toute l’Europe où il était invoqué comme protecteur lors des épidémies de peste, puis de toutes les maladies contagieuses. Saint protecteur de la peste et patron des pèlerins il est honoré chaque 16 août.        

Toile du Château de Dinan
Sa représentation est stéréotypée plus souvent en sculpture qu’en peinture. Dans la représentation picturale du château de Dinan, saint Roch est barbu, recouvert de son manteau de pèlerin, coiffé d’un chapeau à larges bords, tenant un bâton de pèlerin ou bourdon et une besace. Il est accompagné d’un petit chien le « roquet » qui tient un morceau de pain dans sa gueule. Saint Roch soulève son manteau pour montrer un bubon (ganglion témoin de l’infection pesteuse) sur sa cuisse ou sur son aine.